L'église Saint-Saturnin de Jonquières
La croix de cimetière du XVe siècle et l'autel lui servant de support sont inscrits au titre des Monuments Historiques.
L'église paroissiale Saint-Saturnin de Jonquières a belle allure vue de l'extérieur, avec ses murs bien appareillés et son portail occidental en arc plein cintre que surmonte un bandeau en arc brisé.
Mais, franchi le seuil, la déception est grande. Un "peintre" a sévi ici, comme dans tant d'églises des Corbières. Il a imité sur les colonnes le granit noir, et sur les chapiteaux, pourtant joliment décorés de feuillage et de têtes, le marbre rouge.
Les trois travées, voûtées en berceau brisé, sont prolongées par un cheour à chevet plat, voûté en croisée d'ogives.
Pour seul mobilier, un baptistère en marbre de Caunes.
Quoique un texte de 897 cite cette église, on s'aperçoit que rien ne subsiste de ce premier édifice, qui a dû être détruit lors de la croisade des Albigeois et remplacé par l'église actuelle du XIIIe siècle.
On regrette de ne pouvoir attribuer à quelques personnages connus les deux enfeux creusés dans les murs de la dernière travée. peut-être s'agit-il de templiers au moment où l'église appartenait à la commanderie de Narbonne ?
Dans le cimetière, une belle croix de pierre surmonte un petit autel-cuvette, provenant tous deux de l'église Saint-Félix, qui se trouvait à 2 km à l'ouest de Jonquières, là où on n'aperçoit plus qu'une petite bergerie. Mais la bergerie s'est substituée directement à l'église, le mur Est ayant des assises en épis. Ce procédé de construction révèle une haute époque. Nous nous trouvons donc là en présence d'une église wisigothique contemporaine de l'autel-cuvette transporté au cimetière de Jonquières, ainsi que des tombes à lauzes, fouillées par le Docteur Courent. Ces tombes, découvertes dans la chapelle et aux abords, ont d'ailleurs livré dans leur mobilier, des boucles de ceinturon wisigothiques.
Lors de la christianisation du pays, cette église a pris, très logiquement, la suite d'une villa romaine, dont les vestiges jonchent le sol d'une vigne voisine : tegulae, Graufesenque, etc.


