La chapelle Sainte-Colombe de Fraissé
La chapelle et ses abords sont inscrits au titre de la loi du 2 mai 1930 (art. L.341-1 à 22 du code de l’environnement).
Située non loin du village de Fraissé des Corbières, à droite sur la route de Feuilla et au bord d’une vigne, elle fait vis-à-vis à Notre Dame de l’Olive (Embres et Castelmaure).
Colombe est fêtée le 31 Décembre, et c’est à cette date que se situait la fête patronale de Fraissé.
Une première église aurait été construite à la mémoire de Colombe, revenant d’Espagne au IIIe siècle, avant d’être baptisée à Vienne et martyrisée à Sens. Son martyre fait l’objet d’un récit légendaire : la Sainte aurait accompli plusieurs prodiges en invoquant le seul nom du Christ et l’Empereur Aurélien aurait assisté à son enterrement.
Cette chapelle, entourée de tombes, aurait été une ancienne église paroissiale, bien que le compoix de Fraissé mentionne en 1739 et 1781, une simple chapelle rurale dédiée à Sainte-Colombe. En 1866, il n’en reste plus que quelques pierres abritant encore une statue de Sainte-Colombe, fort abîmée. Le Maire, Benjamin Miquel, et le Curé, Marc Fargues, émus par les ruines de l’ancienne chapelle, abritant encore la statue de la sainte, décidèrent de s’attaquer à sa reconstruction.
La relation au jour le jour de cette reconstruction a été publiée par l’Association pour la Sauvegarde de Sainte Colombe, présidée par Yves Gazaniol, grâce au concours actif de Solange Tomas et la participation bénévole et efficace de Michel Relet.
Une première souscription entre 1866 et 1868 permit d'élever les murs, de poser les tuiles. Les travaux en restèrent là… Le Curé Alquier ne parle pas ouvertement des évènements qui en furent la cause, à savoir : la débâcle de Sedan en 1870, la Commune de Paris en 1871, l’avènement de la IIIème république. Il se contente d’évoquer des «évènements détestables» et de déplorer les divisions politiques à l’intérieur de son troupeau. Il n’en poursuit pas moins son but et lance une nouvelle souscription pour l’achèvement de la Chapelle, à la faveur de la reprise de l’activité viticole. Il déploiera une grande ingéniosité pour parvenir à ses fins avant le 8 septembre 1875. La décision de reconstruire la Chapelle, prise en 1866, à l’apogée du second Empire, intervient dans une période où, sous l’influence de l’impératrice Eugénie de Montijo, on construisit et reconstruisit force chapelles, collèges et institutions. A aucun moment dans les péripéties de la reconstruction de Saint Colombe on ne trouve d’arguments
d’ordre religieux, on ne dit pas à quoi servira cette chapelle. Il en ressort plutôt que Mr le Curé Alquié voulait se faire offrir par ses ouailles une jolie petite chapelle néogothique et qu’il y parvint.
L’Abbé J. Giry porte sur Sainte Colombe un regard plus pastoral : A la fin du 19e siècle, il y eut une épidémie de fièvre typhoïde et plusieurs jeunes filles en moururent.
Cette fièvre était transmise par les eaux contaminées et dès cette époque des fontaines publiques furent réalisées dans nos villages. Mais devant des périls mortels, fidèles comme mécréants, venaient se mettre sous la protection divine par l’intercession de Sainte Colombe. Les fidèles y viennent encore pour demander la pluie, mais il n’y a pas de tradition de pèlerinage.
Cachée en 1874 lors de la construction de doublages des murs, l’antique statue en bois de Sainte Colombe a été remise au jour en 1984.
La Chapelle est aujourd’hui propre et en bon état. Le lieu écarté ne se prête pas à l’accueil de groupes importants. Par contre, la tranquillité de l’endroit peut le rendre propice à des expositions temporaires, à la présentation et à la conservation du petit patrimoine local, l’antique statue par exemple.
En vente depuis juin un ouvrage né de la volonté de Mme Solange Tomas et de l’Association pour la sauvegarde de la chapelle, présidée par Yves Gazaniol : "Sainte Colombe ou l’histoire de sa construction". Retranscrit à partir de notes manuscrites des abbés Fargues et Alquié qui ont présidé aux destinées de la paroisse de Fraissé dans la deuxième partie de XIXe siècle, ce texte retrace au quotidien la période de 1865 à 1879 au cours de laquelle la chapelle a été édifiée grâce à la volonté et à la générosité de ses habitants. Ce document qui va bien au-delà de la religion, est d’abord une véritable chronique de la vie du village et de ses habitants, et où chaque famille pourra y retrouver les noms de ses aïeux ou ceux de ces voisins. Les fonds récoltés par la vente de ce livre seront intégralement consacrés à la réfection de la chapelle qui en a le plus grand besoin.
S’adresser à Mme Tomas : 04 68 45 96 81 ou à M. Gazaniol 04 68 45 91 87 (prix 15 €)
Source :
Lurio des 4 saisons, l'écho de la Berre à la Nielle n°21 - Communauté de Communes de la contrée de Durban-Corbières et Lurio-addl - Imprimerie AEC
A 1km au sud de Fraissé la petite église non voûtée de Sainte-Colombe, remplace celle qui aurait été construite à la mémoire de Colombe, revenant d'Espagne au IIIe siècle, avant d'être baptisée à Vienne et d'avoir subi le martyre à Sens. D’anciennes tombes semblent indiquer qu’il y avait là une chapelle paroissiale. On venait y prier Sainte-Colombe à la suite d’une épidémie de typhoïde qui avait atteint les jeunes filles.
Le patronage de Sainte-Colombe est passée à l'actuelle église paroissiale, qui est voûtée.
Source :
Les Corbières - Abbé J. GIRY - A.-F. MARE-VENE - M. BOUILLE - Imprimerie COOPIM


